Mode de vie écoconscient : par où commencer?

Table Rouge N27

La Journée de la Terre est derrière nous, mais les réflexions habitent nos quotidiens chaque jour pour devenir un.e meilleur.e allié.e pour notre chère planète. À une époque où la crise climatique ne peut plus être ignorée, une communauté vibrante de personnes qui ont à cœur le bien-être de la Terre se crée. 

Lors de notre dernière Table Rouge, on a eu l’honneur de recevoir Maude Carmel et Andréanne Tenhave qui, toutes deux à leur façon, militent pour un futur plus vert et sensé. Elles nous ont généreusement partagé des gestes concrets pour transiter vers un mode de vie écoconscient.

 

💡 Cet article est un récapitulatif des évènements mensuels "Table Rouge", organisés par Mme L'Ovary.💡

La Table Rouge est un espace de discussion éducatif, sécuritaire et inclusif pour rassembler et aborder des sujets encore souvent tabous. La parole est entièrement laissée aux experts invités, ainsi qu’à la communauté présente. Ces propos sont le reflet d'opinions et en aucun cas, ne doivent être considérés comme des recommandations médicales.

Maude Carmel 

Maude Carmel

À la base chroniqueuse, animatrice, rédactrice et comédienne, Maude utilise depuis 4 ans ses réseaux sociaux pour informer et sensibiliser ses abonnés aux enjeux climatiques. Malgré le fait qu’elle habite maintenant en banlieue, elle utilise sa créativité pour conserver ses habitudes urbaines écoresponsables. On peut consulter son contenu éducatif sur son compte Instagram et sa chaîne youtube, et on peut aussi retrouver ses chroniques dans le média Le 24heures. 

Andréanne Tenhave 

Andréanne Tenhave

Femme sauvage, militante de la Terre et druidesse de la Forêt, Andréanne Tenhave – aussi connue sous le de Authentique Andréanne – oeuvre avec la mission de créer un monde durable et sécuritaire pour toutes les espèces. Enseignante et élève multipotentielle, elle expérimente et partage quotidiennement ce qui nourrit son déploiement personnel : vivre lentement et consciemment, sa relation avec Mère Nature, sa Nature intérieure et la Nature humaine, son don pour ritualiser le quotidien et les connexions humaines. Laissez-vous inspirer par le contenu de son compte Instagram et sa page Facebook!  

Comment se connecter à la nature?

Connectez-vous à la nature

  • Prendre le temps

Qu’on vive en plein centre-ville ou au cœur dans la nature, la clé est de prendre le temps. Vas dehors, arrête-toi devant un arbre, une plate-bande, n’importe quoi qui est vivant. Prends le temps d’être ici maintenant et de te connecter à ce qui est là. 

  • Explorer avec tous les sens 

Chacun de nos sens est un allié pour ressentir le langage de la nature. Par exemple, écouter le vent qui fait frétiller les feuilles, contempler les champignons qui poussent sur le tronc d’arbre, renifler l’odeur de la terre humide, toucher la mousse des bois, déguster les fleurs sauvages (si on a des notions en identifications des plantes). Moment de connexion à la nature, et à soi, garanti! 

  • Observer les détails  

Le printemps est une magnifique saison pour s’adonner à l’observation des détails de la nature et de ses cycles. Qu’est-ce qui a poussé cette semaine qui n’était pas là la dernière fois ? Que vous soyez dans Hochelaga, en Abitibi ou à Saint-Hyacinthe… La nature est partout la même, même si elle n’est pas dans la même abondance. 

  • Apprendre à connaître les êtres vivants  

En apprenant à nommer les plantes, les fleurs, les arbres, notre connexion à la nature grandit et notre intérêt à la protéger croît par le fait même aussi! On se rend compte que même les plantes qui nous paraissent banales, comme le pissenlit ou le tussilage, ont en fait des propriétés magnifiques et méritent d’être honorées. 

Autosuffisance alimentaire et cuisine consciente

  • Le jardinage, possible dans tous les modes de vie 

On s’entend, c’est plus facile jardiner en banlieue que dans notre cours arrière sur Saint-Denis! Il est toutefois possible de se créer un petit jardin urbain sur notre balcon pour avoir accès à des légumes frais de saison. Pouvoir se nourrir de ce que l’on fait pousser réduit considérablement notre empreinte carbone, en plus d’être beaucoup plus savoureux. 

Andréanne est la preuve vivante que le jardinage est possible même dans un mode de vie nomade! Lorsqu’elle habitait dans sa van, elle a donné son temps dans une ferme locale en échange d’un stationnement, pour récolter des légumes au jardin. 

“J’ai l’impression que peu importe où je vais semer, je vais récolter quelque part.” – Andréanne Tenhave 

  • Manger en conscience 

La première étape pour adopter une alimentation plus saine et responsable, c’est d’être conscient.e lorsqu’on mange.  Ne serait-ce que de goûter la saveur d’une tomate que tu as fait pousser vs celle que tu as achetée au marché en hiver. Ça peut aussi passer par s’amuser avec les textures, les couleurs… Bref, faire de la cuisine un moment de plaisir et de saveurs. 

Lorsqu’on prend conscience de ce qu’on met dans notre corps, ça donne envie d’acheter local et de se procurer des produits de qualité, c’est-à-dire qui ne soient pas emballés dans du plastique et shootés aux pesticides. 

  • Ne rien prendre pour acquis  

Se nourrir est une activité récurrente qu’on tend à banaliser. C’est sûr qu’en mangeant du fast food sur la route, on oublie parfois au passage de ressentir de la gratitude pour toute l’abondance que la Terre nous procure. C’est pourquoi c’est important de comprendre d’où nos aliments proviennent. Est-ce un légume qui a poussé sur la ferme d’à-côté, ou bien il a fait des milliers de kilomètres dans un contener avant d’atterrir dans notre assiette?  C’est correct de se gâter de temps en temps avec des aliments importés, tant qu’on ne prend pas pour acquis que c’est normal de manger 4 mangues par jour au mois de février! 

On prend aussi beaucoup pour acquis les gens qui nous nourrissent. Pourtant, ce n’est pas facile d’être agriculteur.trice, ce sont de longues journées épuisantes. Une manière de les remercier est de les encourager. 

“Le prolongement du cœur, c’est les mains. Les agriculteurs ont constamment les mains dans la terre et moi j’honore ça.” – Andréanne Tenhave 

  • Adopter des habitudes alimentaires saines 

En tant que citoyen.ne.s engagé.e.s, on a le devoir de remettre en question de temps à autre notre système alimentaire et de faire des choix alignés. Si vous avez le privilège d’avoir l’espace mental pour changer vos habitudes, en voici quelques-unes à intégrer à votre quotidien : 

  • Allez faire votre épicerie à pieds;
  • Acheter en vrac;
  • Consommer local et le plus possible à base de plantes; 
  • Informez-vous sur les paniers locaux de votre communauté, associez-vous à une ferme de famille;
  • Visitez les marchés d’été et achetez directement de la main du producteur. Les aliments ne sont pas toujours certifiés biologiques (la certification “bio” est dispendieuse pour les petits producteurs) mais les méthodes sont souvent biologiques. 

Être parent et écoresponsable : est-ce possible?

La réponse est oui, mais évidemment pas sans embûche! Il se peut qu’on se crée un idéal mental de la mère écoconsciente, et que plusieurs de nos attentes finissent par se transformer en déceptions… C’est correct, il faut aussi apprendre à lâcher prise! Voici quelques pistes pour s’initier à l’écoparentalité : 

  • Opter pour les couches lavables : Malgré nos bonnes intentions de prioriser les couches lavables, c’est possible qu’on soit à boutte, que le lavage s’accumule et que nos hormones nous disent “hey, donne-toi un break et permets-toi deux semaines de couches jetables!”. No worries, pas besoin d’être parfaite.  
  • Opter pour les culottes menstruelles lors de son postpartum : Beaucoup plus confortables et zéro déchet! 
  • Réduire sa dépendance à la voiture : Si tu es chanceux.euse, tu vas peut-être trouver une garderie qui est à distance de marche, qui sait! 
  • Trouver des vêtements et des jouets de seconde main : C’est l’heure de fouiller dans ton bottin téléphonique (est-ce que ça existe encore cette antiquité?) et de s’allier à une mère qui veut se départir de ce qui ne lui sert plus. Si tu ne connais aucune maman dans ton entourage, le marketplace est ton meilleur ami!  
  • Conscientiser sa famille : Le défi est souvent de s’assurer que la famille n’achète pas des bébelles inutiles. Avant ton baby shower, tu peux faire comprendre de manière bienveillante  à tes proches que tu préfères des cadeaux réellement utiles et de seconde main.  

Pssst…! Les bonnes habitudes sont importantes mais la santé mentale est prioritaire ♡ 

“Pour plusieurs, avoir un enfant est un geste polluant. Pour moi, c’est un acte d’optimisme.” – Maude Carmel 

Bon, les enfants des personnes écoconscientes ne vont (peut-être) pas sauver le monde, mais iels vont certainement grandir avec des valeurs qui ont plus de résonance et devenir des citoyens engagés pour la planète. On s’entend que si on laisse uniquement les personnes climato-sceptiques avoir des enfants, la planète ne s’en portera pas mieux! 

Se vêtir de manière durable et alignée

On le sait, l’industrie du textile a une immense empreinte écologique. Tout le temps et l’amour que ça prend pour créer un vêtement ne sont pas du tout reflétés dans la fast fashion. 

“De fil en aiguille, je me suis rendue compte de ma passion d’aller magasiner seconde main et dans le grenier de ma grand-mère, qui était une caverne d’Ali baba. Pour moi, me positionner face au domaine de la mode, c’est vraiment de m’engager à ce qu’il soit le plus écologique possible”, nous confie Andréanne.  

Connecter au savoir qu’il y a derrière la fabrication d’un vêtement est un merveilleux moyen de revisiter notre garde-robes. À la minute où l’on connecte à l’humain qui crée le morceau, on connecte à l’importance de bien choisir. C’est beau d’acheter un objet qui a été réfléchi, et que la personne derrière soit honorée à travers le processus. 

Comme Maude l’a si bien dit, “dénicher un morceau qu’on adore dans une friperie est beaucoup plus satisfaisant que de l’avoir trouvé dans une vitrine du Zara.” Ça renforce aussi le soin qu’on porte à nos vêtements. On ne peut pas retourner au Dynamite acheter un autre chandail s’il y a un trou dedans, parce qu’il est unique. On a donc tendance à lui faire plus attention. 

Pour Andréanne, de trouver CE morceau qui était là pour nous est aussi un moyen de faire ressortir l’essence de ce qu’on est. Il représente l’énergie qu’on a envie de dégager lorsqu’on le porte. 

Finalement, comprendre le cycle d’économie circulaire des vêtements, ça fait vraiment une différence dans notre empreinte carbone annuelle. Au lieu de jeter un vêtement qu’on ne porte plus à la poubelle, on peut le donner à quelqu’un qui va lui donner une seconde vie ou aller le porter dans une friperie (Renaissance ou autre). Le troc de vêtements est aussi une alternative à acheter neuf, et ça nous permet d’avoir des vêtements littéralement à l’infini! 

Matière à réflexion : est-ce qu’on peut être féministe mais supporter en même temps des compagnies de vêtements qui réduisent la vie des femmes à néant ?

6 astuces pour faire la transition

Mme L'Ovary

Maintenant, comment concrètement se départir de ses vieilles habitudes? 

  1. Un pas à la fois : On ne peut pas dès demain devenir végane, zéro déchet, avoir une garde-robe entièrement seconde main et faire pousser tous nos fruits et légumes! La clé est d’intégrer ces nouvelles habitudes à ton quotidien de manière organique, fluide, authentique sans que ça ait l’air d’être une tâche. Dès que tu ressens que c’est lourd, cette habitude va probablement débarquer de ton quotidien assez vite! 
  2. Commence par quelque chose que tu aimes : Si les plantes t’appelles, commences par faire tes semis au printemps. Si ce sont les friperies qui t’allument, donne-toi un défi de ne rien acheter de neuf cette saison. Il ne faut pas que ça feel comme un “régime écolo”, mais plutôt comme un mode de vie qui te nourrit. 
  3. Ralentis : Parfois, c’est le 5 secondes que tu prends à respirer à l’épicerie qui va faire en sorte que tu vas opter pour cette salade bio au lieu de l’autre. P r e n d s  l e  t e m p s. 
  4. Connecte à ta volonté de faire un changement : Tu ne peux pas acheter un mode de vie écolo ; il faut que tu l’incarnes. Oui, tu peux acheter la voiture électrique la plus écologique qui vaut 100k$, mais il faudra alors que tu fasses plus d’argent pour te la procurer. Finalement, la solution est peut-être de remettre en question ton mode de transport… Et te demander : est-ce que j’ai vraiment besoin de ça ? 
  5. Informe-toi : On a tendance à chercher des solutions rapides pour devenir écoresponsable, mais la vérité c’est qu’il n’y a pas de trucs magiques. Lis, écoute des podcasts, regarde des documentaires, parle avec ton entourage, discute avec le petit producteur du marché. Savoir = Pouvoir.  
  6. Acheter, c’est voter : Plus on encourage le magasin en vrac de notre quartier, plus les options seront variées. Chaque petite chose que tu choisis de consommer à un immense pouvoir politique. 

En bonus : Le schéma mental d’Andréanne

Complètement se dévouer, voire s’épuiser 

Être dans le déni ou s’accorder une pause

Espace entre les deux où c’est navigable  

 

On te souhaite de trouver cet espace navigable où tu peux te dévouer à améliorer le bien-être de la Terre, à ton rythme et avec douceur, sans t’épuiser. Si jamais tu ressens une certaine impuissance face à la crise socioécologique, rappelle-toi que chaque petit geste compte et que tu n’es pas seul.e à agir ♡ 

Quelques outils