Vaginisme : définition et pistes de guérison

fille en douleur dans son lit

Cet article a été rédigé en collaboration avec Monica Gatse, du blog jeguerisduvaginisme.com. Il s’agit d’un témoignage personnel, d’un chemin de guérison propre à Monica. Note au lecteur : il est fait mention d’agressions vécues par l’auteur. 

La peur ressentie à l’idée d’insérer quoi que ce soit dans son vagin.

L’impression d’avoir le vagin « cadenassé ».

La sensation d’avoir un vagin « trop petit » pour accueillir quoi que ce soit.

La crispation qui se manifeste à chaque fois qu’un objet (pénis, spéculum, coupe menstruelle, doigt) s’approche de son vagin.

C’est ça, le vaginisme. (Et non, ça n’a pas de lien avec la vaginite!)

J’ai souffert d’un vaginisme primaire et total il y a deux ans et j’ai mis pratiquement un an avant de prendre ma guérison en main. Aujourd’hui, je suis guérie et je tiens à vous partager mon expérience de guérison. 

Qu’est-ce que le vaginisme ? 

Si ce mot vous est totalement inconnu, sachez que le vaginisme est un trouble sexuel qui se caractérise par la contraction involontaire des muscles du périnée* (muscles qui entourent le vagin) rendant la pénétration douloureuse, voire impossible.

*périnée : ensemble de muscles en forme de hamac qui se situe entre l’anus et les parties génitales. Son rôle consiste à soutenir la vessie , le rectum, l’anus et le vagin. 

Il existe deux formes de vaginisme qui dépendent du moment d’apparition :

  • Le vaginisme primaire : forme de vaginisme qui apparaît dès le début de la vie sexuelle.
  • Le vaginisme secondaire : forme de vaginisme qui apparaît après une période durant laquelle les rapports sexuels avec pénétration étaient satisfaisants. 

Il existe également deux autres formes de vaginisme qui dépendent de l’intensité :

  • Le vaginisme total : forme de vaginisme qui se manifeste lorsqu’il est impossible d’avoir des rapports avec pénétration ni d’insérer quoi que ce soit dans son vagin.
  • Le vaginisme situationnel : forme de vaginisme qui se manifeste lorsqu’il y a un blocage dans certaines situations (par exemple, lors d’une pénétration durant un rapport sexuel) et pas dans d’autres (par exemple, insertion de tampons, examens gynécologiques).

Comment savoir si l’on souffre de vaginisme ?

Le vaginisme est un trouble sexuel qui présente des symptômes caractéristiques qui sont : 

  • Une peur de la pénétration
  • Une contraction involontaire du périnée
  • Des douleurs insoutenables au moment de la pénétration

main sur le ventre

Pour la plupart des personnes souffrant de vaginisme, la pénétration peut être perçue comme un véritable danger. Elle est souvent associée à la douleur, au sang (dans le cas où il y a des rapports douloureux et/ou une première fois douloureuse). Elle peut aussi être vécue comme une véritable intrusion dans l’intimité (ça peut être le cas lorsque la personne a subi des violences sexuelles telles qu’une agression sexuelle)

Lorsque la peur de la pénétration se manifeste, le cerveau va envoyer des signaux au vagin, qui par conséquent, va se contracter de manière réflexe, empêchant ainsi la pénétration. 

C’est là que le second symptôme entre en jeu : la contraction réflexe du périnée. La personne souffrant de vaginisme ne peut contrôler cette contraction, puisqu’elle est totalement involontaire.

Cette contraction est très difficile à vivre car elle provoque des douleurs intenses au moment de la pénétration: 

« Coups de couteau »

« Lame de rasoir »

« Impression d’être déchirée de l’intérieur ». 

Qu’est-ce qui peut déclencher le vaginisme ?

En ce qui me concerne, mon vaginisme a été déclenché suite aux abus sexuels subis durant mon enfance. Mon cerveau avait associé la pénétration – et de manière plus générale, l’introduction d’objets dans mon vagin – à une intrusion. 

D’autre part, la méconnaissance que j’avais de mon sexe a aussi joué un rôle; je m’imaginais avoir un vagin « trop petit » et « trop rigide » pour accueillir quoi que ce soit. Je pensais que mon vagin allait se « déchirer » si j’essayais d’y introduire un objet. Cette impression s’est renforcée lors de ma première fois : j’avais eu très mal et j’avais saigné.

Ce n’est que durant mon parcours de guérison que j’ai compris que c’était en fait la contraction de mon vagin qui me donnait cette impression.

Bien sûr, chaque personne a sa propre histoire et il existe plusieurs causes de vaginisme comme :

  • Une éducation sexuelle taboue 
  • Des mutilations génitales 
  • Des violences gynécologiques et obstétricales
  • Un accouchement douloureux et/ou traumatisant
  • Une relation de couple toxique
  • Des causes médicales (telles que l’endométriose, la vulvodynie, la vestibulodynie)
  • Des causes hormonales (ménopause, atrophie vaginale, sécheresse vaginale, etc…)
  • Des infections (mycoses, vaginoses, vaginites, etc…)

Qui peut poser le diagnostic ?

Un.e gynécologue peut poser le diagnostic du vaginisme, après avoir écarté toutes les pistes physiques (infections, hymen trop épais etc…). En France, il y a également la possibilité de consulter une sage-femme libérale, qui est aussi habilitée à poser le diagnostic et effectuer un suivi gynécologique. Cela a été mon cas et elle a fait preuve de beaucoup de douceur et de bienveillance à mon égard. 

N.B. Pour les personnes habitant en France, vous pouvez retrouver un annuaire répertoriant toutes les sages-femmes libérales. Pour les personnes habitant au Québec, les sages-femmes font généralement un suivi uniquement durant les grossesses. Il est donc conseillé de se tourner vers un médecin pour obtenir un diagnostic.

femme portant des gants de boxe 

Guérir… c’est possible! Mais comment ?

Le vaginisme étant un trouble sexuel à la fois psychologique et physique, de mon point de vue, il est important d’adopter une approche pluridisciplinaire et holistique. 

Mon parcours de guérison psychologique

Durant mon processus de guérison psychologique, j’ai consulté les spécialistes suivants: 

  • Un psychologue. Les séances de thérapie chez ce psychologue m’ont permis de :
    • Me libérer des émotions liées au trauma (tristesse, colère, peur…)
    • Transformer la vision négative que j’entretenais par rapport à la sexualité
    • Me réconcilier avec la petite fille que j’étais au moment des violences sexuelles
  • Un hypnothérapeute. Je n’ai fait qu’une seule séance chez ce spécialiste, mais celle-ci était très intense et m’a permis de: 
    • Identifier mes émotions et les accueillir pleinement
    • «Revivre » le traumatisme sur le plan des émotions et du ressenti
    • Décrire avec précision ce que j’ai ressenti à ce moment-là

N.B: L’hypnothérapie peut réveiller d’anciens traumatismes. Ne consultez un thérapeute que si vous en avez envie et que vous vous sentez prêt.e.

  • Une coach experte en guérison du vaginisme. Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, j’ai également réussi à guérir mon vaginisme grâce à un accompagnement spécialisé avec une coach thérapeute ayant elle-même souffert de vaginisme par le passé. Elle m’avait permis de :
    • Avoir un état d’esprit positif par rapport à ma guérison
    • Apprendre à connaître mon corps et à l’aimer
    • Me libérer des fausses croyances que j’avais par rapport à la sexualité
    • Faire des exercices pratiques

Elle est la créatrice d’une méthode de guérison qui aide les personnes souffrant de vaginisme à s’en sortir

Mon parcours de guérison physique

Pour traiter l’aspect physique du vaginisme, j’avais :

  • Consulté une sage-femme spécialisée dans la rééducation périnéale, ce qui m’a permis de: 
    • Prendre conscience des muscles de mon vagin
    • Apprendre à les détendre en douceur
    • Être plus en contact avec mon intimité par le biais de massage

N.B: Pour les personnes résidant au Québec, il y a les options de se tourner vers un.e sexologue, un.e médecin ou bien un.e ostéopathe, selon vos besoins personnels.

  • Utilisé des dilatateurs vaginaux. Il s’agit de dispositifs médicaux qui, se présentant sous plusieurs tailles, permettent de décontracter les muscles du périnée en douceur. 

dilatateurs vaginaux

Vous pouvez vous procurer des dilatateurs vaginaux en ligne. Je vous recommande deux marques : Velvi et Vagiwell. 

Les dilatateurs Velvi sont en plastique et les dilatateurs Vagiwell sont en silicone. Libre à vous de choisir la matière qui vous convient le mieux!

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Ce fut un plaisir pour moi de rédiger cet article. J’espère qu’il vous permettra de prendre conscience que vous n’êtes pas seul.e.s dans votre parcours de guérison!

M️onica.